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Entreprendre en franchise : y avez-vous pensé ?

Chantal Zimmer
http://www.franchise-fff.com

CV : Chantal Zimmer est déléguée générale de la Fédération française de la franchise (FFF) depuis 1985. Co-auteur de l'ouvrage "Devenir franchisé ou lancer une franchise" (Editions Vuibert), elle représente la franchise au conseil de perfectionnement de nombre d'universités. Elle est également membre de la Commission des comptes de la nation et de l'Académie des sciences commerciales.

Interview :

Qu'est-ce qui distingue un entrepreneur "franchisé" d'un entrepreneur "classique" ?

Un franchisé est un chef d'entreprise totalement indépendant juridiquement, mais qui a souhaité s'adosser à un réseau pour bénéficier de la notoriété de l'Enseigne, du savoir-faire et de l'assistance du franchiseur.

Pour un porteur de projet, cela présente des avantages non négligeables…

Oui, les avantages sont nombreux. Outre qu'il bénéficie d'une notoriété immédiate, le créateur n'est jamais seul. Il est assisté par des spécialistes à chaque stade de son projet et profite de l'expérience et du professionnalisme non seulement du franchiseur, mais de tous les membres du réseau qui se sont installés avant lui… et qui ont réussi ! Il évite ainsi des erreurs qu'il aurait commises s'il avait été seul et gagne de ce fait un temps précieux.
Par ailleurs, il bénéficie d'une formation opérationnelle au métier et/ou au produit qu'il souhaite commercialiser.

La franchise lui permet donc de changer de métier, s'il le souhaite?

Tout à fait. Un comptable ou un commercial d'une grande entreprise par exemple peut devenir demain un fleuriste, un restaurateur ou un chocolatier performant !
La franchise permet de changer d'orientation et de devenir directement un vrai professionnel de ce nouveau métier, grâce à la formation obligatoire dispensée par le réseau.
Normalement, lorsqu'il ouvre son point de vente, le franchisé est directement opérationnel. Il bénéficie immédiatement d'outils de communication qu'il ne pourrait vraisemblablement pas financer en étant seul, ainsi que d'une assistance permanente à la moindre difficulté. Par la suite, le franchiseur l'aidera à évoluer pour répondre aux attentes du consommateur.

La franchise présente également des exigences. Quelles sont-elles ?

Il y a effectivement quelques contreparties aux avantages que nous venons de voir. Pour les comprendre, il faut avoir une bonne compréhension du fonctionnement d'un réseau de franchise et surtout du rôle respectif des acteurs au sein du réseau. C'est indispensable pour être en mesure d'évaluer si l'on est fait ou non pour ce type de commerce organisé.
Selon le code de déontologie édité par la FFF (Fédération Française de la Franchise), le franchiseur est l'initiateur du réseau. En cela il est responsable de sa stratégie et de sa pérennité. Il a donc une vision à moyen et long terme.
Le franchisé, quant à lui, est l'ambassadeur de l'enseigne. Il a la responsabilité "du terrain", c'est-à-dire d'exécuter la promesse faite par l'enseigne aux consommateurs. Sa vision se situe à court terme.
Il s'agit donc d'une délégation croisée de responsabilité.

Quels sont les obligations qui en découlent pour le franchiseur ?

Pour faire avancer l'ensemble du réseau, il lui appartient d'écouter les franchisés et faire remonter  leurs expériences. Il doit ainsi organiser et structurer le dialogue pour profiter de cette intelligence collective. Rappelons qu'il se trouve face à des chefs d'entreprises indépendants, dynamiques, qui ont leur propre créativité.
C'est cette "synergie des énergies" qui donne le vrai dynamisme et la vraie force de la franchise. Encore faut-il qu'il sache jouer son rôle et profiter de toute cette intelligence collective pour faire évoluer le concept ! Car il a la responsabilité d'apporter un avantage concurrentiel au franchisé.

Et pour le franchisé ?

De son côté, le franchisé doit accepter d'abdiquer une partie de son identité au profit de celle de l'enseigne. C'est la règle du jeu !
Il est, par ailleurs, contraint de représenter le concept dans sa globalité. Ainsi, si le concept architectural de la boutique est vert, il devra l'adopter, même s'il est "allergique au vert". Ou alors, il devra choisir un autre réseau.
De la même manière, le franchisé devra suivre les évolutions décidées par le réseau (nouveaux produits, nouveaux agencements, ...). Mais, de mon point de vue, cela représente pour lui un avantage car il bénéficie des études réalisées par le réseau en matière de marketing, études qu'il ne pourrait s'offrir s'il était seul.

On ne peut donc pas parler de totale indépendance ?

Si, le franchisé est indépendant mais il devient inévitablement interdépendant en partie avec les autres membres du réseau. C'est tout à fait compréhensible, car s'il endommage l'image de marque du réseau en ne respectant pas la qualité des services offerts à la clientèle, c'est l'image du réseau qui sera atteinte et il causera du tort à tous les franchisés.

Peut-on facilement revendre son entreprise lorsque l'on est franchisé ?

Oui naturellement. Dans un tel cas, le franchiseur dispose souvent contractuellement d'un droit de préemption, au prix où un autre acquéreur est disposé à reprendre l'entreprise.
S'il ne souhaite pas utiliser ce droit, le franchisé peut vendre son entreprise :
- à un autre membre du réseau,
- à un futur franchisé, qui devra dans ce cas être agréé par le franchiseur,
- à un entrepreneur qui ne souhaite pas entrer dans le réseau, mais qui est intéressé par l'attractivité du point de vente.

Quelles sont les qualités et aptitudes que doit posséder un candidat à la franchise ?

Elles sont identiques à celles requises pour créer une entreprise "classique". Le futur franchisé doit avoir la fibre entrepreneuriale et une envie d'indépendance. S'ajoute à cela une notion très importante : celle du "partage". Comme nous l'avons vu, il doit être apte à partager son identité et son expérience avec les autres membres du réseau, pour contribuer au renforcement de ce dernier.

Avez-vous dressé un profil-type ?

D'après une étude que nous avons réalisée avec le CSA, le "franchisé type" est un homme de 30- 40 ans, de niveau Bac +2, disposant d'un apport financier minimal qui varie naturellement d'un concept à un autre. Certains permettent de démarrer avec 20 000 euros… Mais avec une telle somme, il est évident que vous n'irez pas loin si vous souhaitez vous lancer dans l'hôtellerie par exemple !

Comment choisir un réseau ?

La première question à se poser est : qu'est-ce que j'ai envie de faire ? Ce serait une erreur de  commencer par rechercher les franchises les plus rentables financièrement. En effet, on ne fait bien que ce que l'on a envie de faire ! Même si, au bout d'un certain temps, on envisage d'acheter d'autres points de vente et d'occuper des fonctions managériales, il est essentiel d'aimer le métier que l'on exerce. La quadrature du cercle, c'est d'espérer que le secteur d'activité où l'on pense pouvoir s'épanouir corresponde avec ses moyens d'investissement !
Après avoir mené cette réflexion personnelle, il faut contacter les franchiseurs du secteur en question. Les franchiseurs adhérents de la FFF sont passés par le filtre d'une commission d'admission ; ils se sont engagés à respecter la déontologie. Cet engagement est vérifié chaque année.

Comment savoir quelles sont les bonnes questions à leur poser ?

Je conseillerai aux candidats de télécharger sur le site de la FFF, le dossier d'information précontractuelle, qui peut servir de guide d'entretien. Ils trouveront dans cet outil toutes les questions essentielles à poser.
Ils peuvent également suivre une journée formation que nous organisons à leur attention, au terme de laquelle ils seront en mesure de répondre à cette question fondamentale : "suis-je fait (ou non) pour être franchisé" ?

Concernant les secteurs d'activités représentés en franchise, avez-vous constaté une évolution ?

Sur le plan international, la France est le pays où la "franchise de produits" s'est le plus rapidement développée. L'équipement de la personne notamment a toujours représenté environ 30 % du noyau dur de la franchise.
Cependant, depuis 5 ou 6 ans, nous constatons une évolution nette du secteur des services avec la création de nouveaux concepts. Les services à la personne occupent une place importante dans cette évolution : aide aux personnes dépendantes, aides à domicile, soutien scolaire, etc. Mais le secteur du "bio" et du "bien-être" s'est également beaucoup développé. C'est très actuel !
Nous retrouvons également de nouveaux concepts de franchises dans le domaine de l'habitat avec des prestations de conseils, une prise en charge des formalités, une assistance dans le choix des artisans, un suivi de travaux, etc.

Le secteur de la franchise a-t-il été touché fortement par la crise ?

Pas autant qu'on pourrait le penser. L'étude réalisée avec le CSA (lien vers l'enquête CSA) nous montre que la crise a été mieux gérée par les franchiseurs et les franchisés que par les entreprises traditionnelles. Les franchisés se sont sentis soutenus par leur réseau et considèrent qu'ils ont mieux traversé la crise que leurs concurrents. Les franchiseurs de leur côté ont joué à fond le dialogue avec les franchisés pour trouver de nouvelles méthodes, de nouvelles avancées en matière de communication et de promotion et ainsi répondre encore mieux aux attentes de la clientèle.
De ce fait, en termes de création de réseaux et d'installation de nouveaux franchisés, l'année 2009 s'est plutôt bien comportée et nous avons même la satisfaction de constater une évolution. C'est une tendance que nous notons à chaque période de crise. Lorsque tous les membres d'un même réseau de chefs d'entreprise réfléchissent ensemble aux moyens de faire face à la crise, ils sont forcément plus créatifs et obtiennent des résultats positifs. C'est la vraie force de la franchise !

Pensez-vous qu'elle a suscité des vocations d'entrepreneurs ?

Tout à fait ! En période de crise, nombreuses sont les personnes en reconversion qui se posent des questions sur leur statut de salarié et envisagent la création de leur entreprise non pas uniquement comme un moyen de créer son propre emploi, mais comme un moyen d'épanouissement personnel.
Le thème de "donner un sens à sa vie par la création d'entreprise" est devenu quelque chose de très sensible et qui se diffuse bien. Cela me tient particulièrement à cœur et je suis très heureuse de l'évolution que l'on constate aujourd'hui. Créer son entreprise n'est plus du domaine du rêve… c'est désormais celui de la réalité. Et la franchise constitue un excellent outil pour cela. On s'aperçoit d'ailleurs que beaucoup de franchiseurs aident à leurs salariés à devenir franchisés eux-mêmes…

Propos recueillis en janvier 2010 par Laurence Piganeau

25/01/2010


Devenir franchisé
C'est vrai que le modèle de la franchise permet à beaucoup de gens de devenir indépendants alors qu'ils n'auraient pas forcément osé créer leur propre entreprise. Et puis le secteur de la franchise se porte plutôt bien, ça donne envie !
Posté par Charlotte (http://www.progressium.fr/), 19/06/2014 15:27

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